30 novembre 2012

Les caraïbes amazoniennes

A mi-chemin entre Manaus et  l'embouchure de l'Amazone se trouve un véritable paradis: la région de Santarem. Pour y être déjà passé il y a quelques années (big up à Ugo, Tatai et Jibeooo), je savais que ça valait le coup d'y rester un bout de temps. Avec ce tour d'un an on a le temps de squatter dans des endroits reculés sans être pressés comme dans des vacances de 3 semaines. Ça fait parti des gros avantages. Du coup on était parti pour rester une semaine. Finalement avec Cristina on a tellement kiffé qu'on en a profité pendant 11 jours!

Comme vous en avez pris l'habitude, tout ça commence par un trajet en bateau. On a quitté Manaus le même jour que notre pote Aldo et cette fois nos chemins se sont réellement séparés: au programme 2 jours de descente du rio pour nous, 7 jours de remonté jusqu'à la triple frontière pour lui... 

Faits marquants de ce bateau:

- un espace incroyable. Le bonheur. On a eu la place de caler une table en plastique et 2 chaises entre nous et nos voisins!



- les repas non inclus dans le ticket mais si fat qu'on en achetait 1 pour 2.

- pas un touriste

- une discussion assez cool avec un brésilien de 20 ans venant de Boa Vista (à vos cartes - indice: au nord de Manaus) et qui sortait pour la première fois de sa région.

- un arrêt de 4 heures le second soir pour charger des tonnes de noix du Brésil à travers une sorte de toboggan de fortune sur lesquels les dockers balançaient les sacs. Système efficace malgré quelques pertes.

- Une arrivée à Santarem à 4h du mat... 

D'habitude les bateaux y passent la nuit et repartent vers midi. Ça permet de finir sa nuit dans son hamac avant de sortir. Contrairement à ce qui nous avait été dit (ainsi qu'à tous les autres passagers, bien veners comme nous), le notre ne s'arrêtait que 10 min et on s'est retrouvé dans un port de fortune à l'extérieur de la ville à 4h30 du mat (le temps que le bateau trouve un endroit où nous lâcher et qu'il manoeuvre). En fait on avait oublié le décalage horaire et il était 5h30. La ville était moins morte que ce dont on avait peur. On s'est incrusté dans le taxis d'autres passagers et on s'est fait déposer à la place d'où partent les bus pour Alter do chao, une ville au bord des plages sur le rio tapajos.

Car oui, il existe des plages paradisiaques au milieu de la forêt amazonienne: sable blanc, eau transparente (il existe 3 types de fleuves en amazonie: les noirs -comme le rio negro, les marrons - comme l'amazone - et les clairs comme le rio tapajos) et soleil une bonne partie de l'année (contrairement aux autres région de l'Amazonnie, celle de Santarem connait une véritable saison sèche). Ce paradis tropical a même quelques avantages sur les caraïbes: un milieu de forêt dense à visiter, une situation éloignée des grands axes touristiques (en semaine quand les habitants de Santarem travaillent la plage est vide) et surtout de l'eau douce. Quel bonheur de se faire sécher sur la plage sans avoir la peau tirée par le sel!

Parait-il que The Guardian fait d'Alter do chao la plus belle plage du Brésil.

A Alter on a donc:

- profité de la plage en face du centre-ville

- fait un tour en bateau d'un jour pour atteindre 2 plages: une première avec des rochers où on a passé la plupart de la journée et un banc de sable superbe sur lequel on a profité du coucher de soleil et observer des dauphins roses (impossible à prendre en photo).








Cette journée on l'a passé avec un russe travaillant 4 mois par an au Canada en tant que chauffeur de camion et voyageant le reste de l'année, un brésilien un peu chelou (tout comme son nom "chouma-ouma" à ce qu'on a compris) qui a perdu sa journée à dormir dans un hamac et un couple de Belo Horizonte (indice carte: dans les terres pas trèèès loin de Rio) super sympa avec qui on a bien bavardé.
- fait une journée de kayak sur le lago verde (la plage d'Alter donne sur ce lac et pas directement sur le rio tapajos) avec un couple suisse vraiment cool rencontré dans la floresta do Tapajos (explications plus loin)




- marché jusqu'au sommet d'une colline aux alentours d'Alter d'où on a une vue géniale sur la forêt. Cette fois on était avec "Spag" un français qu'on a lui aussi connu dans la floresta.

au fond, dans les arbres, Alter-do-Chao

Spag en action


merci à Spag pour la photo :)
- dormis dans un hostel génial qui a ouvert en Juillet dernier. Les proprios sont un jeune couple adorable de Potro Alegre (indice carte: capitale de l'état le plus au Sud du Brésil) qui ont fait le tour d'Am du Sud en vélo, sont tombés sous le charme d'Alter lors de leur passage et ont décidé d'y retourner pour ouvrir cet hôtel à peine leur tour terminé. Un poil cher mais beau, équipé idéalement pour les backpackers (ils ont l'expérience) et avec un petit-dej inclus gargantuesque.

Au milieu de ces 7 jours à Alter on a été faire un tour à la floresta do Tapajos, une réserve sur le bord du rio du même nom où vivent des communautés de caboclos chez qui on peut squatter pour quelques jours. Pour y aller il faut repasser par Santarem et on en a profité pour y rester une journée histoire de blogger un peu avec une meilleure connexion internet et de se faire une petite soirée caipirinha dans un bar au-dessus du fleuve.

Pour aller à la floresta sans passer par une agence (hors de prix) il y a un bus par jour depuis Santarem. Dans ce bus il y avait 3 autres étrangers: 

- Nathalie et Yann, un couple suisse de "Neuch" (comprendre Neuchatel), qui voyagent pour 6 mois dans la partie nord de l´Amérique du sud 4 ans après avoir passer 6 mois dans la partie sud.

- "Spag", un caennais (membre du club de supporter du stade malherbes - parait que ça existe :P ) qui est revenu d'un tour du monde en vélo d'un an en Septembre dernier et a été envoyé 1 mois et demi en Amazonie pour prendre des photos pour une exposition qui aura lieu à Saint-Brieuc dans un an. Il tente de se lancer dans la photo quoi. Bien cool.

Dans le bus on a tapé l'amitié avec tout ce petit monde et on ne s'est plus quitté pendant plusieurs jours. Arrivés à la floresta on a choisi de se rendre dans le village de jamaraqua (il y a 3 ans on avait été à Maguary). Là une famille nous a permis de mettre nos hamacs dans une "pousada" qu'ils ont construit au bord du fleuve pour une modique somme. Conceicao, la maîtresse des lieux, nous faisait d'excellents repas 3 fois par jour. 




Dans la floresta on a fait:

- 2 randonnées (4h et 6h tout de même) pour aller voir des arbres géants et pénétrer la forêt primaire.

le groupe au complet

un hamac naturel

notre guide devant l´arbre le plus grand de la floresta
- un petit tour en canoë sur un bras du rio qui pénètre dans la forêt (on est en saison de basses-eaux du coup il y avait pas beaucoup d'eau et on a pas pu aller bien loin)


  
- une petite baignade depuis un banc de sable (en faisant attention aux raies qui pullulent dans la région et dont la piqûre, selon tous les habitants l'ayant expérimentés, "doi de mais": fait super mal).



Petit kiffe: après une demi-heure à barboter des enfants du villages sont venus jouer près de nous (notre ami photographe était aux anges)
- des petites soirées bières-discussions avec nos 3 acolytes, décidément très sympa.

Il a quand même fallu partir un jour de ce paradis, pour notre dernier bateau amazonien. 


Le rio Tapajos restera un grand souvenir.

28 novembre 2012

Du bon temps à Manaus

Notre bateau pour Manaus était censé partir le vendredi et on s'est donc pointé ce jour là au port de Tabatinga. Si le bateau était bien là, le départ n'était pas avant le lendemain et plus cher que prévu. Pour amortir ce surcoût on a decidé de dormir dans le bateau et économiser une nuit d´hôtel.



On était pas tout seul: Alberto, un backpacker argentin qui venait de passer 2 mois au Perou et un couple de vieux brésiliens étaient dans le même cas que nous.

On a voulu acheter à manger à Tabatinga mais c´était jour férié. Du coup tout était fermé sauf les bars... La rue était pleine de mecs bourrés. On a quand même trouvé de quoi se faire de malheureux sandwichs et nos premiers pao de queijo (sorte de petit pain dont la pâte contient du fromage).

Le lendemain, notre bateau a été envahi de hamacs. Dans 2 de ceux-ci se trouvaient Aurore et Emmanuelle, 2 françaises bien cools qui voyagent presque 1 an en amérique latine. Elles venaient de Colombie (pays de la mère d´Emmanuelle).


Avant le départ on a eu le droit à une fouille ultra méticuleuse de nos sacs (comme tous les passagers du bateau) avec ouverture de la moindre poche ou trousse pour en sortir le contenue. La proximité avec la Colombie probablement...

On a tout de même pu partir pour 4 jours de voyages durant lesquels:
- on a pu prendre des douches sans avoir l´odeur des chiottes au nez. Le bateau comptait en effet 8 cabines de douches séparées des toilettes. Ca n´a l´air de rien mais c´est du grand luxe pour un bateau amazonien.

- on a profité du bar. Dans ce bateau tout le pont supérieur lui était consacré, de quoi se balader, étirer les jambes et profiter du paysages avec des bières fraiches en main.





- on a discuté et joué aux cartes (Duuuuumbal) avec nos nouveaux amis, Emmanuelle, Aurore et Alberto. Bien agréable.

- on a profité de superbes couchers de soleil sur le fleuve.






 - on a pu observer la rencontre des eaux de 2 fleuves: le rio negro qui passe aux pieds de Manaus et l´Amazone. Couleurs, températures et vitesses distinctes. Ça donne un effet marrant.

- on a mangé dans des conditions idéales. Il y avait dans ce bateau une salle à manger avec air conditionnée! Seul problème, la sonnerie stridente pour appeler à table. A 6h du mat le réveil est violent.

Après ces 4 journées (ça fait long) on est arrivé à Manaus par une après-midi particulièrement chaude. On a trouvé personne pour nous indiquer le bus qu´il fallait qu´on choppe pour aller à l´hostel qu´on avait repéré. Du coup on a été bon pour une marche de 30 minutes à suer des litres.
Alors qu´on faisait le check-in quelqu´un nous appelle depuis un escalier... Aldo! Notre compère péruvien aurait déjà du être reparti de Manaus mais son examen avait été décalé de 3 jours. Du coup, pour notre grand bonheur, il se retrouvait coincé à Manaus.

Emmanuelle et Aurore se sont calées dans le même hotel et du coup on a eu l´impression pendant notre passage à Manaus d´avoir un groupe de potes. Les journées étaient simples: une visite par jour et le reste du temps chiller dans l´hotel ou au bar avec nos amis.

On a tout de même visité:

- Le Teatro Amazonas, construit à l´époque du boom du caoutchouc. Faits intéressant: le plancher inspiré de la rencontre des eaux (alternance de planches foncées et clairs) et la fresque au plafond du théatre qui représente (entre autre) la tour eiffel vue du dessous. Par ailleurs il y avait un festival de cinema dans le théatre et on a pu se faire un Ken Loach gratuitement ainsi que 2 courts-métrages brésiliens. Entrée libre et salle à moitié vide... ou les habitants de Manaus travaillent dur ou ils n´aiment pas le cine.


la fresque avec la tour eiffel vu du dessous
 


- Le Palacete provincial: une vieille demeure coloniale restaurée et convertie en espace culturel. On y trouve 5 musées, inégaux mais gratuits et avec l´explications d´étudiants enthousiastes.

- La Praia da Lua: ou Plage de la Lune, une plage sur le rio negro où on est allé avec Aldo. Au menu: eau super chaude, sable fin, plage deserte (on était en semaine) et beach volley. Seul problème, l´eau en plus d´être noire laisse une sorte de couche huileuse desagréable sur la peau après le bain. Selon Aldo, biologiste spécialiste de la forêt tropical, ce sont les sédiments que contient le fleuve et qui lui donnent sa couleur qui ont cet effet.





Mais on n´a pas retrouvé qu´Aldo à Manaus. Cristina a su grâce à Facebook qu´un de ses amis de l´université se trouvait là pour le travail. Du coup on a improvisé une super soirée au bar avec Antonio et Aldo. Bien cool!


A l´hotel on a aussi rencontré:

- Pacome et Pauline: un couple de français qui voyage en Amérique du sud, venait de la Guyanne et allait au Venezuela. Du coup Cristina leur a fait un petit cours de survie dans ce pays de sauvages (traduction très libre du post de Cristina). Ils sont vraiment sympa et nous ont laissé leur guide de conversation en portuguais avant de partir. Un grand merci!

- Dimitrios: un grec qui vit et travaille à Londres. Il voyage depuis un an à moto sur les routes d´Am du Sud. Il nous a vendu la Colombie comme le meilleur qu´il ait visité et celui où il s´installerait bien. Ca donne envie.

- pleins d´autres gens avec qui on a discuté moins longtemps mais souvent très sympathiques.

En définitive Manaus a été une étape vraiment agréable. On avait l´impression d´être en vacances avec des potes avec qui on faisait des visites, on allait (presque tous les soirs) au bar do Armando boire des bières et écouter de la musique live et on discutait pépère dans l'hôtel. Ça fait du bien.