On pensait passer une nuit à Uyuni mais cette ville est vraiment moche du coup on a cherché un bus pour partir le plus vite possible.
Les touristes qu'on avait croisés ne nous avaient pas spécialement conseillé Potosi mais cette ville pleine d'histoire était sur notre chemin. Du coup c'est vers là qu'on a décidé d'aller.
Le bus devait partir à 18h30 et arriver 4 heures plus tard à Potosi. A la moitié du voyage le retard supposé du bus, le grand nombre de voyageurs debout et les nombreux arrêts pour prendre ou laisser des passagers au milieu de nulle part ont eu raison des nerfs de 2 de nos voisins boliviens. On a donc assisté à un concours de tambourinage sur la porte du conducteur avec force cris pour lui signifier qu'il était une "tortue, un imbécile, un irresponsable..." Un trajet animé quoi. Pour autant on est arrivé à l'heure prévue.
A notre arrivée on a partagé un taxis avec 2 gringos qu'on avait croisé sur le tour d'Uyuni. Dans une des petites rues de Potosi on s'est retrouvé bloqué par un mec complètement bourré au milieu de la route. Notre chauffeur lui a offert un concert de klaxonne que lui et ses 2 potes n'ont pas semblé apprécier. Si bien qu'ils ont commencé à frapper le taxis et à nous injurier. Notre chauffeur semblait vouloir absolument se battre et il a fallu que nous lui criions dessus pour qu'il accepte de se barrer en vitesse.
On s'est demandé si tous les boliviens n'étaient pas des psychopathes... Heureusement l'hôtel dans lequel on se rendait était chouette et on a pu se reposer un peu.
Le lendemain on est parti à la découverte de la ville et ce fut une belle surprise. Potosi est une belle ville coloniale qui garde une bonne part de sa splendeur passée. En effet pendant la colonisation Potosi a été une des villes les plus riches du monde et ça se voit. Bon la balade n'a pas été si longue parce qu'à une altitude de 4070 m on sentait rapidement le manque d'oxygène.
Un peu d'histoire: parait-il qu'en 1544 un berger Inca a perdu un de ses lamas dans la montagne qui surplombe aujourd'hui Potosi. Il a passé la journée à le chercher sans réussite et s'est retrouvé à devoir passer la nuit là-haut. Pour se protéger du froid il a alimenté un bon feu toute la nuit. Au matin la chaleur dégager par le feu avait fait fondre une grande quantité d'argent qui affleurait. Malgré son souhait que les espagnols ne l'apprennent pas, le bruit est vite venu aux oreilles des colons en pleine pourchasse de l'el dorado.
Si bien que dès 1545 les espagnols ont entrepris l'exploitation massive de ce "cerro rico" (montagne riche).
Depuis cette date l'exploitation n'a jamais cessé. Il se dit que la quantité phénoménale d'argent extrait aurait permis de construire un pont entre l'Amérique et l'Europe.
Ça a donc conduit à la création et au fort développement de Potosi, au pied de la montagne. Pour que ces milliers de tonnes d'argent enrichissent l'Europe des milliers d'indiens puis d'africains, réduits à l'esclavage, sont morts dans les mines du cerro rico.
Les touristes qu'on avait croisés ne nous avaient pas spécialement conseillé Potosi mais cette ville pleine d'histoire était sur notre chemin. Du coup c'est vers là qu'on a décidé d'aller.
Le bus devait partir à 18h30 et arriver 4 heures plus tard à Potosi. A la moitié du voyage le retard supposé du bus, le grand nombre de voyageurs debout et les nombreux arrêts pour prendre ou laisser des passagers au milieu de nulle part ont eu raison des nerfs de 2 de nos voisins boliviens. On a donc assisté à un concours de tambourinage sur la porte du conducteur avec force cris pour lui signifier qu'il était une "tortue, un imbécile, un irresponsable..." Un trajet animé quoi. Pour autant on est arrivé à l'heure prévue.
A notre arrivée on a partagé un taxis avec 2 gringos qu'on avait croisé sur le tour d'Uyuni. Dans une des petites rues de Potosi on s'est retrouvé bloqué par un mec complètement bourré au milieu de la route. Notre chauffeur lui a offert un concert de klaxonne que lui et ses 2 potes n'ont pas semblé apprécier. Si bien qu'ils ont commencé à frapper le taxis et à nous injurier. Notre chauffeur semblait vouloir absolument se battre et il a fallu que nous lui criions dessus pour qu'il accepte de se barrer en vitesse.
On s'est demandé si tous les boliviens n'étaient pas des psychopathes... Heureusement l'hôtel dans lequel on se rendait était chouette et on a pu se reposer un peu.
Le lendemain on est parti à la découverte de la ville et ce fut une belle surprise. Potosi est une belle ville coloniale qui garde une bonne part de sa splendeur passée. En effet pendant la colonisation Potosi a été une des villes les plus riches du monde et ça se voit. Bon la balade n'a pas été si longue parce qu'à une altitude de 4070 m on sentait rapidement le manque d'oxygène.
| à Potosi on a eu le droit à un autre jour piéton. Le kiffe. |
Un peu d'histoire: parait-il qu'en 1544 un berger Inca a perdu un de ses lamas dans la montagne qui surplombe aujourd'hui Potosi. Il a passé la journée à le chercher sans réussite et s'est retrouvé à devoir passer la nuit là-haut. Pour se protéger du froid il a alimenté un bon feu toute la nuit. Au matin la chaleur dégager par le feu avait fait fondre une grande quantité d'argent qui affleurait. Malgré son souhait que les espagnols ne l'apprennent pas, le bruit est vite venu aux oreilles des colons en pleine pourchasse de l'el dorado.
Si bien que dès 1545 les espagnols ont entrepris l'exploitation massive de ce "cerro rico" (montagne riche).
Depuis cette date l'exploitation n'a jamais cessé. Il se dit que la quantité phénoménale d'argent extrait aurait permis de construire un pont entre l'Amérique et l'Europe.
Ça a donc conduit à la création et au fort développement de Potosi, au pied de la montagne. Pour que ces milliers de tonnes d'argent enrichissent l'Europe des milliers d'indiens puis d'africains, réduits à l'esclavage, sont morts dans les mines du cerro rico.
Aujourd'hui encore des mineurs y travaillent (au sein de coopératives) dans des conditions qui apparemment n'ont pas beaucoup changées. D'ailleurs il est proposé aux touristes d'aller voir ça de ses propres yeux. Le côté zoo humain de l'affaire ("alors comme ça votre espérance de vie est de moins de 10 ans... ouaah") ne nous a pas emballé. On s'est donc contenté de parcourir la ville et ses 80 églises pleines d'argent, d'ors et de pierres précieuses ainsi que ses belles maisons coloniales.
| Au fond le Cerro Rico |
On est tombé un peu par hasard sur un couvent (le couvent de Santa Teresa) qu'on a visité après que la femme au guichet nous ait dit que "tous les français le visitent, il a 3 étoiles dans le guide!" Et comme le routard, on a adoré.
Ce couvent, construit en 1686, appartient à l'ordre des carmélites "pieds nues" (Carmelitas descalzas), une congrégation qui vivait dans un enfermement total jusqu'à Vatican 2. Une des 7 soeurs qui y vivent aujourd'hui est architecte et s'est chargée de le restaurer.
Au XVI è siècle les grandes familles de Potosi (de galice pour la plupart apparemment) rêvaient d'envoyer leur seconde fille dans ce couvent. Ça faisait gagner un max de points paradis...
Les "heureuses élues" y étaient envoyées à 15 ans avec une belle dote (équivalente à 125 000 dollars d'aujourd'hui selon la guide) et n'en sortaient plus.
| des exemples de dotes |
| Certaines soeurs venaient de familles assez riches pour leur offrir des salles de prière personnelles à l'intérieur du couvent. |
Les activités quotidiennes se résumaient pour elles à la prière, l'étude des textes, la confection de sucreries, broderies, robes de prêtre et autres articles de messes. Les chanceuses n'étaient pas réduites à un silence totale et avaient le droit de parler entre elles 2 heures par jours.
Il n'y avait que 21 places dans le couvent et seule la mort d'une des soeurs libérait une place pour une riche famille.
Aucun contact physique n'était possible avec l'extérieur mais il y avait un parloir avec plus de restriction qu'une prison moderne: présence obligatoire d'une autre soeur qui racontait la discussion à la mère supérieure et discussion à travers un tissu pour ne pas se voir.
| les fenêtres sont faites en pierre translucide. Pas moyen de voir à l'extérieur. |
| la "turbine" à troque |
Le monument le plus emblématique de Potosi est la Casa de la Moneda (maison de la monnaie). Lors de notre visite on avait pas de batteries donc on a pas de photos...
Au début de l'exploitation, l'argent extrait du cerro Rico était fondu dans des fours de pierre et d'argile dont le système était copié sur ceux qu'utilisaient les indigènes. Il était ainsi converti en lingots pour être transporté vers Lima. Vu la quantité extraite la couronne espagnole a décidé de créer un endroit pour frapper la monnaie à Potosi, la casa de la moneda.
Une première a été construite en 1572 et une seconde, celle qui se visite aujourd'hui, en 1759. On y trouve plusieurs chambres dédiées à la fonte du métal par un système simple: 3 indigènes alimentant un énorme feu en particulier avec des excréments de lamas et de moutons séchés. Leur espérance de vie ne dépassait pas quelques années parait-il.
Le métal, à l'état de lingot encore chaud (plus de 1000º) était transporté aussitôt au centre de laminassions où d'autres indigènes le passaient entre des rouleaux en bois pour en réduire l'épaisseur. Le système de rouleau alimenté par la force de 4 mules est assez technique:
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| source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fuertes_lopez_potosi_1772.jpg?uselang=es |
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| les grands rouleaux fonctionnent grâce aux mules à l'étage inférieur |
Une fois laminé le métal était transformé en pièces, frappé entre deux moules grâce à un gros marteau.
Truc marrant: au début les pièces étaient en argent pur. C'est une matière très malléable. Du coup les gens qui s'échangeaient les pièces avaient pris l'habitude d'en prendre une petite partie à chaque échange. Le roi d'Espagne pour arrêter de se faire voler a donc fait faire les pièces dans un alliage beaucoup plus solide et fait dessiner des bords aux pièces.
Par ailleurs, pour être sûre de ne pas se faire voler par les personnes qui réalisaient le mélange, ceux-ci devaient imposer leurs initiales sur les pièces. Le roi se faisait envoyer un échantillon et si les scientifiques de la couronne déterminaient que le mélange n'était pas conforme, il faisait couper la tête du responsable.
Les techniques pour frapper la monnaie ont évolué au cours des siècles et la maison de la monnaie a été en service jusqu'à 1953. Aujourd'hui la monnaie bolivienne est faite au Chili. Triste déchéance pour la ville qui a alimenté le monde en argent pendant des siècles.


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