3 septembre 2012

Les vallées Calchaquies


La route en direction de Cafayate traverse la Quebrada de las Conchas et c'est un spectacle de chaque instant: montagnes de différentes couleurs, couloirs de roches sculptés par la tectoniques des plaques  et l'érosion (comme la fameuse "Garganta del diablo"), le tout recouvert de cactus. On a l'impression d'avoir atterrit dans un farwest.




La fameuse Garganta del Diablo




La vie à Cafayate est assez tranquille. La majeure partie de la population travaille dans le tourisme ou dans les vignes. On a logé chez José, un mec vraiment agréable qui a su nous guider à merveille entre les différentes activités à faire près de Cafayate.

Le premier jour on a fait un trek au Rio Colorado où 4 superbes cascades nous attendaient. Pour arriver au départ du trek, à un endroit qui permet d'observer toute la vallée de Cafayate, on a marché 6 km. Là on s'est inscrit dans un registre tenu par une communauté originaire de la zone. Des petits jeunes nous ont proposé de nous guider, insistant sur la dangerosité du chemin (Apparemment un anglais s'était fait mordre par un serpent la semaine précédente et avait du être emmené aux urgences... ché). Le prix ne nous a pas semblé correct, surtout après les explications du "chino": c'est plus chère parce qu'on est en saison basse, que moins de gens viennent et que du coup ils doivent augmenter les prix. Ça nous a paru ne pas tout a fait coller avec la loi de l'offre et de la demande et on s'est dit qu'on pouvait bien le faire tout seul, au pire on reviendrait au bout de 3 heures  sans avoir vu la moindre cascade. On est donc parti seuls et vaillants! Le chemin était assez difficile, en particulier à cause des nombreuses traversées de la rivière. Au bout de 2 heures de marche on est arrivé à ce qui nous a semblé être la 2eme cascade, ce qui ferait d'une minuscule chute croisée plus tôt la première... Ça a été la fin du chemin pour nous.


Cafayate et ses vignes




Cascade numéro 1???

Cascade numéro 2?? ou peut-être numéro 1... 

Sur le retour on s'est arrêté à la finca Las Nubes, une des "bodegas" (producteur de vin) les plus connues de Cafayate. A partir de leurs propres vignes (cabernet sauvignon et malbec) ils produisent à peine 6 milles bouteilles par an qui partent presque toutes à l'export. Le reste de la production (les vins blancs et rosés) est fait à partir de raisins achetés à d'autres vignes de la région. Après la visite, on a eu le droit à une petite dégustation d'où on est ressorti avec une bouteille d'un rosé étonnant produit en ne laissant la peau des raisins rouges que quelques heures en contact avec le jus.


Dégustation de vins de la Finca Las nubes

Les vignes de la Finca Las Nubes
Le même jour on a visité "las Cabras de Cafayate", une fromagerie de chèvre à 2 km du village. La finca appartient à un des producteurs de vins de Cafayate qui l'a créé afin d'utiliser les excréments de chèvres comme engrais pour ses vignes... Mais ils se sont vite rendu compte qu'ils pouvaient nourrir les chèvres avec les restes de raisins et faire du fromage qui accompagne très bien leur vin! Le business parfait.


Depuis Cafayate on a aussi visité les ruines de Quilmes. Quilmes c'est a priori le nom d'une bière argentine fabriquée dans la province de Buenos Aires. En fait le nom de cette bière a une histoire bien intéressante. Quilmes c'était d'abord le nom d'une ville d'une communautés pre-incas (les Diaguitas) située dans l'actuel Nord-Ouest argentin. Ils ont résisté à l'invasion inca en 1480 mais pas au siège des espagnols en 1667. Les 2000 survivants ont été déportés dans la banlieue de Buenos Aires pour éviter toute révolte. Ça a donné le nom du lieu où se trouve aujourd'hui la brasserie Quilmes!









Cafayate est une ville au climat super sec (350 jours de soleil par an pour à peine 250 mm de précipitations). Mais parfois un phénomène météorologique bien particulier vient troubler le ciel bleu: le viento sonda. C'est un vent du nord, puissant, très chaud, qui soulève des nuages de poussière dans la vallée et provoque des chutes de températures de plus de 15 degrés le lendemain. On a eu la "chance" de vivre cette expérience les derniers jours à Cafayate, on est passé de 25 degrés à 10 en 24h!


Le vent sonda et son nuage de poussière
 
Après Cafayate on a poursuivi notre voyage dans les Vallées Calchaquíes en direction de Cachi. Pour y aller il y avait 2 options: retourner à Salta et prendre un bus pour Cachi ou parcourir la fameuse Ruta 40 (qui traverse l'Argentine du nord au sud et contient des parties impraticables sans 4*4). Entre Cafayate et Cachi il y a par exemple un bout où les bus ne passent pas. On a choisi la seconde option et donc enchaîné un bus jusqu'à Angastaco et une sorte de taxis collectif (appelé remis) avec 2 françaises jusqu'à Molinos pour vraiment pas chère sans avoir à galérer plus d'une heure. A Molinos les choses se sont un peu corsées: le premier bus ne partait pas avant le lendemain et on a croisé un couple (de français encore, ils sont partout) qui nous a dit que le seul hostal bon marché du village était plein. A 4 on a pu négocier un remis pas trop chère jusqu'à Cachi (quand même bien plus chère que le précédent). Du coup de Angastaco et Molinos on a juste vu les places principales mais la route était belle. Ça valait le coup.













Cachi est un village plein de charme perdu dans les montagnes avec une superbe vu sur un pic enneigé (le premier qu'on voit). Depuis le centre on peut marcher 2 km vers les 4 points cardinaux et arriver à des points de vue sur la vallée et le pic. Il y a aussi une église bien originale dont les meubles et le toit sont fait en cactus.










Avec Cachi on en a fini de notre parcours dans les vallées Calchaquies. Prochaine arrêt la province de Jujuy.

2 commentaires:

  1. haha la toph de LAS avec le chauffeur! dubitatif, c'est le moins que l'on puisse dire. Sinon je suis content d'avoir appris l'histoire de la fameuse bimch Quilmes (bonne bière légère, sans plus hein?). Sinon en vous lisant, je me dis - vu que c'est ludique et intéressant, plein d'anecdotes et de parenthèses historico-culturelles - que vous pourriez piger pour GEO ou Le Guide du Routard, les loulous. Et la viande argentine alors? je ne me souviens plus comment ça se dit en espagnol, mais il faut absolument goûter leurs "côtes croisées", sortes de côtelettes coupées dans la longueur du flanc, en coupant les os. C'est l'un des meilleurs trucs que j'ai jamais bouffé.

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  2. pour ce qui est de la viande argentie nous avons juste gouté un peu de lomo à Tilcara, je pense que les vrais asados viendront en janvier-febrier quand nous serons de nouveau en Argentine et surtout en haute saison (il paraît que tous les hostels oganisent des asados les soirs) :)

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